Historique

Les balbutiements du premier circuit

Exprimer avec précision la date d´apparition du circuit est difficile, mais… Nous sommes au début des années 20, quelques rares « motocyclettistes » s´essaient sur les routes et chemins de l´époque. La première course serait née suite à cette fabuleuse anecdote : Un jour pour épater ses copains, Auguste enfourche sa moto, et fait le tour du pâté de maisons. Son tour accompli à bonne allure et ne sachant plus comment arrêter l’engin, repart de plus belle pour un second tour pour ne pas perdre la face…Il accomplit ainsi un troisième, un quatrième et ainsi de suite jusqu’au sixième tour où sa moto s’arrête enfin faute de carburant !!! Six tours sans arrêt, l’idée est là et va germer dans plusieurs têtes…Un petit club se forme aussitôt et des épreuves sont bientôt mises sur pied avec un certain Jules Tacheny…rappelez vous le commissaire sportif de l’Union Motor…Le 11 septembre 1927, la première course de vitesse pure est organisée sur les hauteurs de Mettet à Pontaury. Les prix étaient pour le moins originaux…La maison Saroléa offrait un buste en marbre, la maison Gillet une oeuvre d’art et l’usine FN offrait une…carabine !! Imaginons maintenant, Yamaha offrirait peut-être un orgue électronique et Laverda une moissonneuse… !!

 

La relation des faits de course est tout aussi surprenante dans les journaux de l’époque…lisez plutôt : « Le régional J.Rops fait une chute terrible, butte contre un aqueduc et est projeté 18 mètres plus loin que sa machine. Coïncidence : dans sa trajectoire, il passe au dessus de sa mère et de sa sœur, alors qu’elle était assises sur le dit aqueduc…il s’en tire avec quelques égratignures. Sa mère et sa soeur se sont pâmées… »

Le Café du Circuit ou chez Hortense ...

C’est en 1928 que le club a trouvé l’emplacement définitif d’une partie du circuit. Il s’agit de la petite boucle de Saint Donat qui n’est plus utilisée depuis quelques années. Au dessus de cette boucle, on avait construit un petit chalet anodin qui allait cependant devenir célèbre dans le monde entier ...

Le Café du Circuit.

Jusqu’en 1931, la petite boucle de 2800m sera utilisée et les moyennes atteintes à l’époque étaient celles d’un aéroplane soit…90km/h. En 1932 faisant suite aux exigences (déjà) de la FMB, le circuit devenu trop exigu se verra allongé et empruntera la route vers Florennes avec retour sur Mettet. Le diabolo est créé. Il développe 8500m et le carrefour de St Donat n’est encore qu’un petit croisement à angles vifs. C’est en 1933 que le sens de la course comme les aiguilles d’une montre sera adopté. L’année 1934 verra l’élargissement de la descente vers Florennes où les vitesses atteintes sont de l’ordre de 170 km/h. En 1935, la commission des circuits accorde à Mettet l’organisation des courses internationales.

Le circuit se modernise

En 1946, après les hostilités, Monsieur Tacheny est élu Président du Club de L’UMESM. Sa devise étant de toujours innover et de rendre le circuit plus attrayant, il entreprendra de grands travaux toute sa vie durant.

En 1949, toutes les routes sont élargies, passent à 7m et sont recouvertes d’un macadam moderne. Le carrefour de St Donat voit le rayon de sa courbe considérablement élargi et les virages sont maintenant légèrement relevés. Le célèbre « 8 » ne sera cependant pas voué uniquement à la moto puisqu’ en 1950 il attirera des pilotes automobiles de renommée qui ont pour nom Stirling Moss, Cortese, Trintignant ou encore Ascari …Rien que du beau monde.

L’Etat et les Ponts et Chaussées reprennent les routes à leurs comptes et il leur incombera de pourvoir à l’entretien de celles-ci dès 1951. L’année suivante soit après 25 ans de bons et loyaux services envers les sports mécaniques, Sa Majesté le Roi accorde le titre de Royal au club qui deviendra définitivement le Royal Motor Union de l’Entre Sambre et Meuse ou RUMESM. C’est en 1953 que la FIM décide qu’il ne peut y avoir plusieurs Grand Prix par pays. Francorchamps garde son GP et Mettet prendra le titre de Grand Trophy. Les fifties ont vu débouler de très grands champions et ceux-ci ont toujours été présents à Mettet :Duke, Anderson, Hartle, Surtees, Lomas, Hillebrand, Provini, Fath, Graham, Oliver…C’était l’époque des grands et Mettet leur servait à mettre leurs machines au point avant la saison des GP. La longue ligne droite vers Florennes était un banc d’essai capital pour tester les moteurs et les machines.

En 1961, de gros travaux sont entrepris sur tout le parcours, tous les arbres jugés dangereux sont abattus, la voirie passe à 9m, les virages de Florennes, d’Oret, de Biesmerée avec celui des Cloquettes deviennent de véritables « banking », le carrefour de St Donat reçoit un îlot central, l’enceinte du pourtour du circuit est surélevée et enfin les tribunes sont construites en dur et à demeure. La course peut continuer ...

Les Golden Sixties …annoncent les années actuelles et futures…. En 1962, Jacky Ickx remporte la victoire en 50cc à 96 km/h de moyenne alors qu’en 250cc, une japonaise gagne pour la première fois sur Mettet. Cette Honda était pilotée par le belge Raphaël Orivel .
En 1971, l’oeuvre d’art « Grand Trophy » fait son apparition et est décernée au pilote le plus méritant du week-end, on retrouve sur les plaquettes de grands noms avec dans le désordre : Roche, Pons, de Radiguès, Vanneste, Paquay, Katayama, Mortimer, Mertens, Orban ou encore plus près de nous Le Grelle… En 1972, Mettet accueillera les premiers « 1000kms », ceux-ci seront gagnés par le duo mythique Rouge-Chemarin.
1973 fera vibrer les spectateurs au son de la MV Agusta de Giacomo Agostini. En 1975, deux épreuves de Championnat du Monde se dérouleront sur le circuit, l’une en vélo et l’autre en moto avec la F750 où l’on reverra Ago, Cecotto, Sheene, Read, Findlay ou encore Mortimer. Saarinen, Dodds, Lawson

Les années passent et le diabolo devient délicat de par la vitesse des motos, il est impératif de les ralentir avant d’emprunter la descente vers Mettet. On a bien ralenti les motos en leur faisant faire un détour par le zoning mais la route ne s’y prêtant pas, Mr Tacheny décide de construire une vraie chicane qui sera mise en place dès 1985. Celle-ci deviendra la « Chicane Michaël Paquay » en souvenir de ce grand champion dont la dernière apparition à Mettet est restée dans toutes mémoires tant son baston avec Stéphane Chambon fut grandiose en 1998. A noter que la dégradation de la petite boucle et le surcoût pour la sécurité de ce tronçon de piste ont décidé les organisateurs à ne plus emprunter cette portion du circuit depuis 1991 au grand dam des pilotes qui appréciaient la descente vers Mettet où il fallait un très gros coeur pour attaquer poignée dans le coin.

Les derniers gros travaux ont été réalisés par la construction de la passerelle au dessus de la ligne de départ fin 85 et un nouveau secrétariat de course a été inauguré en 1994. Depuis, de nouveaux stands et un espace VIP ont également été érigés et deux nouveaux paddocks ont été aménagés pour permettre aux teams dotés d’un matériel de plus en plus imposant d’avoir un maximum d’espace et de confort. Toutes ces belles infrastructures accueillent les officiels, les pilotes, les journalistes et les nombreux bénévoles oeuvrant dans le cadre des courses à Mettet que ce soit la vitesse pure ou le Superbiker.

Le futur proche ... ou le circuit permanent.

Mettet se porte bien, le club loue ses installations à l’année au CPAS de la ville pour l’accueil des réfugiés, il emploie un ouvrier pour l’entretien et la maintenance de ses nombreuses installations. Il emploie également Marie-Rose, une charmante secrétaire multilingue pour la gestion de toutes les tâches administratives et le secrétariat des courses et emploie enfin un couple de concierges pour la surveillance des installations et du bureau.

Mettet se porte bien grâce notamment au succès du Superbiker, grâce aussi à la bonne gestion de son Président Michel Fievet et de son Vice-Président Freddy Tacheny entourés de leurs collaborateurs. Freddy Tacheny continue l’oeuvre de son père en tâchant toujours d’innover et de rendre les épreuves attrayantes pour le public. C’est à lui que nous devons ce petit plus , ce petit quelque chose que les autres n’ont pas et qui nous fait venir en nombre à Mettet. « Toujours plus haut, toujours mieux à Mettet » telle pourrait être sa devise à lui le fils de son illustre père…Et ce n’est pas la 19ème édition du Superbiker en 2005 qui va nous contredire. Si avec le Superbiker, nous nous éloignons quelque peu de notre sujet premier, il devient cependant indissociable de l’histoire du circuit de Mettet. Grâce à la bonne gestion en bon père de famille et à l’argent rapporté par le Superbiker, Michel Fievet, Président du club RUMESM, a pu acquérir des terrains petit à petit avec l’idée de construire un circuit permanent. Idée qui trotte dans sa tête depuis bien longtemps. Et à l’aube de la saison 2005, il n’est de secret pour personne que ce projet devienne bel et bien une réalité. Les études d’incidences sont en cours, les différentes demandes sont faites et le dossier est en bonne voie. A l’expo de Mons en mars dernier, Monsieur Elio Di Rupo a soutenu le projet du circuit de Mettet et a même demandé que les dossiers de Dour et Mettet soient lancés conjointement étant donné qu’il n’y a pas de concurrence entre les deux circuits. Mettet pour sa part réservera la majeure partie de ses activités à l’écolage et la formation au pilotage et organisera encore des épreuves sur le nouveau tracé en site propre.

Voilà pour l’heure l’histoire du circuit Jules Tacheny de Mettet où l’on vous attend nombreux les prochaines semaines pour y suivre les compétitions d’antan avec le G.Old Trophy et les courses actuelles avec le Grand Trophy sans oublier bien entendu le Superbiker en octobre mais nous en reparlerons dans nos colonnes d’ici là. Ce Grand Trophy sera peut-être le dernier, hélas, sur l’ancien tracé suite aux malencontreuses décisions de ne plus accepter les motos sur un parcours routier à partir de 2006. C’est l’occasion de voir pour la dernière fois les motos rouler à plus de 300 km/h vers Florennes…

Le circuit de Saint-Donat plaisait-il à Giacomo Agostini ? « Oui…Très rapide et très beau comme parcours…les longues lignes droites et les virages extraordinaires d’inclinaison me permettent de pousser ma M.V au maximum sans risques… » C’était l’avis d’un multiple champion du monde…